AER obtient le label d’excellence européen, le Weeelabex

La société Antilles environnement recyclage (AER) est la première entreprise ultramarine à obtenir une certification de qualité européenne dans le traitement des déchets d’équipements électriques électroniques (D3E).

Rencontre avec Manuella Lapenne, directrice commerciale du groupe Energipole.
Un article paru dans France-Antilles

Manuella Lapenne : « Weeelabex : le plus haut label d'excellence européen »
Vous avez obtenu un label européen . À quoi correspond-il ?

Antilles environnement recyclage (AER) a obtenu la certification Weeelabex, qui est un label d'excellence européen pour les prestataires de traitement des déchets d'équipements électriques électroniques. C'est le standard le plus élevé d'une société qui prend en considération toutes les exigences européennes, environnementales et réglementaires. Nous avions déjà un label national, cette fois, c'est au niveau européen. Nous sommes la première et la seule société ultramarine a être labellisée Weeelabex.
Cela n'a pas dû être simple...

En effet, quand nous avons déposé notre dossier, les membres de l'association Weee forum nous ont demandé si nous étions sûrs de vouloir aller jusqu'au bout parce que cela demandait beaucoup de contraintes. Car, nous a-t-on dit, pour les entreprises métropolitaines, ce n'est déjà pas facile, alors que les usines se trouvent sur place « a fortiori pour vous qui vous trouvez à 8 000 km » . On a réussi.
Il vous a donc fallu répondre à un cahier des charges très précis ? Et convaincre vos homologues ?

C'est vrai, pour une société comme la nôtre, basée à 8 000 km, c'est compliqué de répondre à un cahier des charges parce qu'il y a beaucoup d'usines et de filières qui n'existent pas sur le territoire mais qu'on trouve en Métropole : fonderie, plasturgie. Nous traitons les D3E, que nous envoyons ensuite aux entreprises basées dans l'Hexagone. Je tiens vraiment à souligner le professionnalisme de nos équipes, trente-huit hommes, de qui nous avons beaucoup exigé. Mais grâce à elles, nous sommes parvenus à ce résultat. Mais pas seulement, il a fallu la confiance des collectivités comme la Région, le Feder, l'Ademe.

Comment vous y êtes-vous pris ?

L'association Weee forum nous a demandé de ne faire appel qu'à des sociétés qui respectent leurs critères en matière environnementale. Elle exige que les usines à qui nous revendons notre matière première respectent le même procédé. Je ne peux pas, par exemple, travailler avec les usines aux États-Unis parce qu'elles ne sont pas labellisées Weeelabex, ni vendre en Chine, même si leurs prix sont plus attractifs.

Cela signifie-t-il que vous dépensez plus ?

On nous demande des procédés très poussés qui nous obligent effectivement à investir davantage. On a dû embaucher et investir dans des machines plus performantes pour répondre au cahier des charges. Au niveau environnemental, nous sommes au top, les usines et tous ceux qui travaillent avec nous doivent l'être également. Je suis obligée d'avoir un réseau beaucoup plus restreint, moins concurrentiel et forcément avec des prix moins intéressants.

Et avec les entreprises locales ?

Si on prend l'exemple du transport, les transporteurs doivent tout faire dans les règles de Weeelabex même si elles n'ont pas le label, que ce soit ici ou en Europe. Je leur transmets mes exigences, et ils doivent s'y conformer. Ils ne le font que pour moi. Car je dois fournir ensuite des preuves aux éco-organismes que mes clients respectent bien leur cahier des charges. On est obligé d'avoir des clients qui répondent à ces critères parce qu'on a le plus haut label de qualité européen. L'an dernier, lors de Maria, vigilance grise, les représentants des éco-organismes sont venus nous auditer. Cela signifie que nous devons être prêts à tout moment.

Quel est l'intérêt de ce label en définitive ?

Il certifie la qualité irréprochable de notre travail. Personne ne peut dire aujourd'hui que nous ne connaissons pas notre travail. On est dans le déchet, nous devons être un exemple. Nous étions déjà reconnus au niveau national français Iso 14 001 - 9001 maintenant nous le sommes au niveau européen. On fait partie des entreprises fiables et nous sommes au maximum de ce que l'on peut nous demander.

En 2017, combien de tonnes de déchets AER a-t-elle traitées ?

Cette année, nous avons traité plus de 9 000 tonnes. C'est une filière en croissance. En clair, nous sommes au même niveau que les filières de D3E qui sont installées en métropole pour le même nombre d'habitants. Toutefois, sans la Martinique, nous ne serions pas rentables.

C'est grâce aux équipes de D3E que la société Antilles environnement recyclage a obtenu le label Weeelabex, un label d'excellence européen.
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