VERDIPOLE et le gigantesque chantier de Lillenium

Lille: 100 % des déblais de craie du chantier de Lillenium réutilisés dont 40% transportés par voie d’eau

Des 200 000 tonnes de craie retirées sur le gigantesque chantier de Lillenium à Lille-sud, 100% vont être réutilisées sur des chantiers de BTP. Parmi elles, 40% voyageront même en péniche, grâce à une livraison des matériaux sur le port de Lille tout proche. Zoom sur une affaire qui flotte.

 

Si l’avenir du projet Lillenium, maintes fois reporté, semble encore incertain (voir encadré ci-dessous) les travaux de terrassement à l’entrée de Lille-sud eux vont bon train. Depuis le 18 septembre 2017, impossible de traverser le périphérique sans croiser le ballet incessant des camions venus retirer les sous-produits du décaissement des 5,6 ha du projet de centre commercial comprenant notamment un hypermarché E.Leclerc de 11 600 m2 et un hôtel. Au total, quelque 400 000 tonnes de matériaux sont retirées du site à vitesse grand V pour accueillir les travaux d’aménagement du bâtiment imaginé par l’architecte Rudy Ricciotti.

Si la moitié des matériaux, celle constituée de remblais anthropiques, a rejoint des installations de stockage de déchets inertes (Isdi), l’autre moitié, celle constituée des terrains naturels en craie, est envoyée aux quatre coins de la métropole lilloise pour être utilisée sur des chantiers de BTP. Ce sont 80 000 tonnes, soit 40% de cette craie, qui vont voyager par voie d’eau pour être livrée sur des chantiers plus lointains.

La voie d’eau retenue pour les chantiers distants de plus de 40 km

«Si le chantier se trouve à plus de 40 km l’utilisation de la voie d’eau devient intéressante. En deçà les ruptures de charges rendent le processus moins intéressant», explique Caroline Szajek, responsable communication de la société Verdipole, filiale du Groupe Energipole qui a remporté le marché de gestion exclusive de cette craie grâce notamment à son aptitude à la valoriser à 100%, dont une partie par voie d’eau.

«Les maîtres d’ouvrage sont de plus en plus sensibles à ces aspects environnementaux. Les analyses du terrain que nous avions faites montraient que le sous-sol naturel est constitué d’une craie de très grande qualité en vertu de ses propriétés: inerte et dense. Il était tout à fait possible de l’utiliser sur les chantiers de BTP. Cette craie se compacte notamment très bien en fondation et peut être utilisée en remplacement du 0-120 calcaire utilisé habituellement», détaille la responsable communication de la société spécialiste de la réhabilitation de friches industrielles.

Trois mois d’évacuation

Reste que, malgré la qualité du matériau, l’entreprise a dû jouer très serré pour réussir à monter un plan d’évacuation de 6 000 tonnes de craie par jour afin de respecter le délai de trois mois fixé par le maître d’ouvrage. «Nous travaillons sur ce sujet depuis 2013 mais nous n’avons eu que 15 jours pour trouver des exutoires fiable et cohérent aux 6 000 tonnes de craie évacuées par jour. Au final nous avons identifié une douzaine de sites», note Caroline Szajek

Au 4 octobre 2017, 50 000 tonnes de craie ont déjà été sorties et valorisées dont 20 000 tonnes transportées par voie fluviale. Malgré les délais très courts Verdipole a pu s’orienter vers le fluvial car l’entreprise a déjà une grande habitude de ce mode de transport. «Il est très souvent possible sur les chantiers d’évacuer 30% des remblais par voie d’eau, parfois nous montons même jusqu’à 50%, qui est la valeur haute difficile à dépasser», constate la responsable communication.

Un article paru dans Le Moniteur

Please follow and like us:
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial